1 mars 2012

"Quelques créateurs de mode d'origine japonaise?"

Yohji Yamamoto 
né le 3 octobre 1943, est un styliste japonais. Il créa sa maison en 1971. Il fit son premier défilé à Paris en 1981 en offrant un show extraordinaire mettant ainsi sa carrière sur rails. 


« Y’s For Women », sa ligne féminine principale, voit le jour un an plus tard, mais c’est seulement en 1977 que Yohji Yamamoto présente son premier défilé à Tokyo. Celui-ci remporte un succès immédiat. Les codes esthétiques du créateur sont déjà perceptibles. On y retrouve les coupes disproportionnées et les volumes géométriques si particuliers à celui-ci, et son vestiaire fascine immédiatement. Fort de l’accueil qu’on lui fait, il crée en 1979 sa ligne masculine, « Y’s For Men », et part en 1981 à la conquête de Paris, où il défile lors de la fashion week.


Avec sa fiancée de l’époque, Rei Kawakubo, il est à l’initiative du mouvement déconstructionniste. Leurs marques respectives présentent des shows artistiques avant-gardistes qui interpellent, fascinent, ou choquent. On y voit des mannequins défiler dans d’étranges formes noires, l’air lugubre et le visage maquillé en blanc, dans une mise en scène minimaliste. Le choc culturel et stylistique est immense, certains crient au scandale, d’autres au génie…

La créativité de l’artiste s’épanouit de plus en plus, et permet la naissance d’autres griffes, telles que +Noir, Costume d’Homme, ou Y’s for Living, qui est véritablement une ligne de lifestyle. Une collection de Haute Couture viendra compléter le tableau en 2002, et elle sera exposée à la maison européenne de Paris sous le nom de « Yohji Yamamoto may I help you ? ».



Au travers de toutes ses lignes, le vestiaire de l’artiste transcende le temps et les cultures, entre Asie et Europe, et estompe les différences entre hommes et femmes à travers une esthétique asexuée. En apparence lisse et sage, il déploie son extravagance dans des coupes asymétriques et une distension des volumes. Ses vêtements féminins défient les conventions en enveloppant les courbes du corps dans des proportions exagérées, dans lesquelles le corps semble caché, perdu.
On retrouve aussi, comme un leitmotiv, une palette de couleurs très épurée, où l’opposition du noir et du blanc est omniprésente, rappelant les couleurs du yin et du yang. L’ensemble de tous ces codes donne un résultat révolutionnaire, qui n’avait connu aucun précédent auparavant.

Défilé Yohji Yamamoto


  Rei Kawakubo 
voit le jour en 11 octobre 1942 à Tokyo. Cerveau de la griffe Comme des Garçons depuis 1969, elle compte parmi les créateurs de mode les plus importants. Elle remet systématiquement en question les idéaux occidentaux sur la forme du corps et la construction du vêtement, sur le sexisme de la société et l'utilisation de la couleur.Elle a déplacé et exagéré la forme du corps féminin à travers de gros morceaux de tissu rembourrés, créé des vêtements finis à partir de calicot de tailleur ou retourné les vêtements à l'envers pour transformer les entrailles de leur construction en éléments décoratifs. Elle a perfectionné l'androgynie avec ses chaussures plates (elle déteste les talons hauts), ses pantalons baggy masculins et ses vestes aux épaules tombantes. Mais c'est depuis son scandaleux défilé parisien de 1981 qu'elle est devenue si influente, s'attaquant directement au statu quo du glamour entêté de l'époque.Elle use le vêtement, le sculpte. Et bouscule, comme Yamamoto, toute la conception occidentale de la mode.




Ses créations sont souvent étiquetées comme « artistiques » en raison de leur rigueur conceptuelle et intellectuelle, mais cela ne l'a pas empêchée de bâtir l'un des plus grands empires indépendants de la mode, avec plus de 80 boutiques sur le seul territoire du Japon. Son champ d'action inclut l'une des collections de parfums les plus particulières qui soient (lancée en 1994).
Ses boutiques révolutionnaires remettent en question l'architecture d'intérieur et l'expérience d'achat, comme c'est le cas du projet (2002) réalisé avec Caria Sozzani, la boutique-concept 10 Corso Como de Tokyo où sont présentés les résultats de collaborations entre designers.
Son protégé, Junya Watanabe, dessine sa propre collection pour l'écurie Comme des Garçons. En octobre 2004, les créateurs de Comme des garçons (Adrian Joffe et Rei Kawakubo) ont ouvert un lieu conçu pour abriter les treize lignes de la marque, mais aussi une quarantaine d'autres labels, «invités» à partager leur espace.
Environ 50 % du magasin est occupé par de grandes marques établies, et les 50 % restant par de jeunes designers sélectionnés autant pour leur créativité et leur potentiel commercial.
«Mon but est de créer une sorte de marché où divers créateurs d'horizons différents se rassemblent et se rencontrent au sein d'une ambiance de magnifique chaos», explique ainsi, Rei Kawakubo.






 

Rei Kawakubo


Kenzo Takada
est un couturier japonais ayant fait carrière en France, né à Himeji (Japon) le 27 février 1939. Il est le fondateur de la marque de vêtements, d'accessoires et de parfums Kenzo.



“Côté mode, j'aime de plus en plus la simplicité des formes intemporelles, les imprimés qui font rêver d'espace et de nature, les vêtements de loisirs qui invitent aux voyages. Côté déco, je crée des objets que j'aimerais avoir chez moi. ” 


En 1970, il organise son premier défilé à la Galerie Vivienne. Dans la foulée, il ouvre sa première boutique, baptisée « Jungle Jap ». Ses créations font la part belle aux imprimés et aux couleurs, aux coupes kimono et lignes droites, et à la matière du yukata (kimono d’été en coton). Sa griffe est élégante et sobre, et marque la rencontre de l’Orient et de l’Occident. 




1983 voit l’apparition de sa première collection hommes. 1988, place aux premiers parfums Kenzo, qui se sont multipliés ensuite : Kenzo de Kenzo, Parfum d’été, le monde est beau ou L’eau de Kenzo. 
En 1993, il revend la marque Kenzo au groupe LVMH de Bernard Arnault. Toutefois, il demeure propriétaire du nom complet : Kenzo Takada.
En 1999, le couturier se retire de la maison Kenzo qui ouvre ses portes à une nouvelle génération de créateurs.
Aujourd’hui, Kenzo s’est spécialisé dans le design, la déco et l’art de vivre dans une marque intitulée d’abord Gokan kobo (l’atelier des cinq sens) puis plus simplement Takada.


 
 Issey Miyake 
,né en 1938 à Hiroshima, fut l'un des premiers stylistes japonais à organiser un défilé en Europe en 1973, presque dix ans avant Yohji Yamamoto et Comme des Garçons.... 



Chacune de ses expériences a influencé son travail en tant que créateur de mode : Beene par ses formes subtiles, Laroche et Givenchy par leur sens typiquement parisien de la coupe et de la structure.





Pourtant, les collections de Miyake proposent quelque chose d'entièrement nouveau. Il est le premier à marier le style japonais à celui de l'Occident : outre son intérêt pour les textures et la teinture des tissus japonais traditionnels (tels que les blouses de fermiers), il reprend également à son compte certaines notions de l'habillement japonais, notamment la taille universelle.
Il a créé le fameux pull noir ras du cou de Steve Jobs.




Outre sa griffe éponyme (conçue par Naoki Takizawa depuis 1999), Issey Miyake produit également une ligne de vêtements entièrement plissés, Pleats Please, ainsi qu'une collection (conçue avec son assistant Dai Fujiwara) à laquelle il consacre tout son temps, A-POC (A Pièce Of Cloth).





Dans cette nouvelle technique originale de construction des vêtements, le fil est inséré dans une machine à tricoter qui débite un tube de tissu en 3D doté de lignes de démarcation qui, une fois coupées, permettent de créer une garde-robe complète, des vêtements les plus amples aux simples paires de chaussettes.


La première présentation d'A-POC a lieu en octobre 1998 sur les podiums parisiens, qui voient défiler 23 mannequins reliés par une même pièce de tissu. Le secret de cette technique est étroitement gardé au studio de création Miyake.



Dernièrement, Issey Miyake et son compatriote Tadao Ando, le célèbre architecte, se sont associés pour offrir à Tokyo un lieu exclusivement consacré au design qui manquait à la mégalopole du monde, berceau de toutes les excentricités stylistiques.

Sur www.isseymiyake.comwww.isseymiyake.co.jpwww.vogue.itwww.lofficielmode.commissethnicity.wordpress.comfr.wikinoticia.com.

Junya Watanabe 
est un styliste japonais né en 1961 à Fukushima, au Japon. Diplômé de la prestigieuse Bunka Fashion Academy de Tokyo en 1984, il intègre après ses études la maison Comme des garçons. Petit protégé de la célèbre Rei Kawabuko, il va commencer comme apprenti avant de devenir directeur de la création de la ligne Tricot puis de la totalité de la ligne masculine.




En 1992, il lance sa propre ligne au sein de la maison, appelée « Junya Watanabe Comme des garçons ». L'année suivante, il présente son travail lors de la semaine de la mode de Paris où ses travaux sont encensés par la presse spécialisée. Son style à mi-chemin entre mode et technologie lui vaut d'être considéré comme un créateur de « techno-couture ».



 En 2001, le styliste japonais lance sa première collection de prêt-à-porter pour hommes. Junya Watanabe possède aujourd'hui une douzaine de boutiques réparties entre le Japon, Paris et New-York, auxquelles s'ajoutent les nombreux points de vente de la maison Comme des garçons. Michelle Obama a porté l'une de ses tenues lors d'une visite à l'Opéra royal de Londres en avril 2009.



Avant-gardiste et futuriste, Junya Watanabe est considéré comme le pionnier de la techno-couture, une mode expérimentale où se rencontrent matériaux synthétiques, innovations technologiques et savoir-faire textile traditionnel.



Jun Takahashi,
depuis 2002, défraie les chroniques de mode. Né en 1969 dans la ville de Kiryu au Japon, Jun TAKAHASHI diplômé de la Bunka Academy est encore étudiant lorsqu'il commence à créer ses propres vêtements.

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C'est dans ce milieu punk que Jun évolue. DJ, et leader d'un groupe baptisé "Tokyo Sex Pistols"il enflamme les pistes de danse Japonaises et se forge un style " rock poétique " bien à lui.
Il était donc naturel que ce jeune artiste intègre la meilleure école de mode d'Asie et à peine diplômé en 1994, il crée sa propre griffe baptisée " Undercover ". Très vite la marque haute en couleur se fait une place dans le paysage de la mode japonaise.
L'anti-conformisme est le maître mot du jeune créateur qui imagine des vêtements asymétriques qui conjuguent superpositions et accumulations. Le succès étant au rendez vous auprès des fashionistas nippones, la marque part à la conquête de l'Europe.
Mais pour séduire les européennes, Jun Takahashi a du adapter le style Undercover , avec les lignes épurées en mixant influences orientales et occidentales. 


Jun Takahashi est un artiste accompli qui ne s'exprime pas uniquement avec la mode mais au travers de la mode. Cela reste aussi pour lui un mode d'expression au même titre que la musique, la photo et le graphisme. Il est DJ et leader d'un groupe baptisé "Tokyo Sex Pistols" et il sera surnommé Jonio en référence au chanteur des Sex Pistols Johnny Rotten.
Ses créations reflètent un univers de contrastes, dans lequel il fait se côtoyer des opposés. Un talent incroyable qui permet de faire passer intelligemment une rébellion évidente de l'artiste et de ses convictions.
Jun Takahashi distille dans ses collections références punk et odes à la déconstruction. Il dit vouloir explorer le côté obscur des choses, parvenir à mettre sur un plan d'égalité beauté et laideur, annihiler la barrière entre les deux et les mixer afin de créer une nouvelle harmonie. Son travail se positionne à cheval entre le streetwear et la mode pure, celle des créateurs qui défilent lors des fashion week.


Ses créations suintent la rébellion, l'unestablishment, et se veulent "mignonnes mais effrayantes, belles mais laides". Jun Takahashi aime réunir les paradoxes, faire se percuter les contraires, et c'est sur cette idée qu'il construit son travail. Pour lui, la mode et la conscience sociale - voire politique - ne sont absolument pas opposées, bien au contraire. C'est ainsi l'un des rares designers à affirmer ses idées ou à prendre position à travers ses défilés, le tout avec talent et intelligence.
Son génie azimuté, son néo-utopisme ainsi que sa candeur trash et punk éveillent l'intérêt de la grande dame de la mode avant-gardiste japonaise, Rei Kawakubo. Entre eux, un respect mutuel s'installe rapidement. C'est ainsi elle qui le poussera à aller présenter ses collections en France lors de la semaine parisienne du prêt-à-porter.


Il débarque donc en 2002 sur les catwalks parisiens, traitant ses défilés comme des happenings, qui deviennent très vite le rendez-vous branché-arty de la semaine de la mode. Il travaille les déconstructions, les métaphores, le grunge et la délicatesse, les étoffes fragiles et le sportswear, et confère à ce style une nouvelle énergie.

Hiroko Koshino
est née en 1937, elle vit et travaille a Tokyo.Issue d’une famille renommée dans la mode et le textile, Hiroko Koshino étudie la mode au Bunka Fashion College de Tokyo, où elle gagne le 1er prix de design du Nippon Designers Club. En 1964, elle ouvre la première boutique haute-couture de Shinsaibashi, et, vers la fin des années 70, elle fonde avec des jeunes créateurs comme Kenzo Takada, Yohji Yamamoto, Tokio Kumagai ou sa soeur Junko Koshino, le TD6, qui deviendra The Tokyo Collection


Hiroko Koshino Fall 2010

Hiroko Koshino Spring 2010


C’est en 1978 que Hiroko Koshino fait son entrée fracassante dans les fashion weeks européennes (première styliste japonaise présente à l’Alta Moda de Rome), puis mondiales, où elle présente ses collections jusqu’en 1992. Elle ne s’y remet qu’en 2009, une longue absence afin de se consacrer à la peinture et à ses expositions, ainsi qu’à ses multiples collaborations artistiques avec des designers et architectes, notamment Tadao Ando.




Tsumori Chisato 
est née à Saïtama au Japon et étudie la mode au sein de la fameuse école Bunka à Tokyo.
En 1977 elle intè­gre la maison Issey Miyake comme chef sty­liste de la col­lec­tion « Issey Sports » plus tard rebap­ti­sée « I.S Chisato Tsumori Design ».




En 1990 elle lance sa ligne Tsumori Chisato et fait son pre­mier défilé à Tokyo. Son tra­vail a été nom­breu­ses fois récom­pensé, dont le prix pres­ti­gieux « Mainichi award » en 2002.
Styliste dans le sens propre du terme, en tra­vaillant les détails, elle cons­truit des vête­ments sim­ples dans la coupe, per­son­na­li­sés par l’inter­ven­tion de bro­de­ries, d’appli­ca­tions de paillet­tes, de bijoux, et d’impri­més qu’elle imagine.




Printemps-été 2003 elle intro­duit l’homme à sa col­lec­tion. Octobre 2003, Tsumori Chisato choi­sit Paris pour son pre­mier show hors du Japon.
Tsumori Chisato est membre de la Fédération fran­çaise de la Couture.


Autres créateurs:

Ritsuko Shirahama

 



Akira Onozuka 

Le créateur japonais Akira Onozuka voit le jour au Japon en 1952. Il travaille, dès la fin des années 70, comme assistant du couturier nippon Issey Miyake, avant de lancer, en 1988, sa propre maison de couture : Zucca. Le créateur lance sa deuxième ligne, Zucca Travail, en 1994, ligne de « work wear pour les inactifs ». Il ouvre une boutique « Cabane de Zucca » à Paris en 1999.
Il reçoit pour sa ligne Travail le Trophée Elan 2004 de la Fédération Féminine du Prêt-à-porter pour son apport à l’industrie de fabrication française. En 2008, à l’occasion des 20 ans de sa maison, la griffe d’Akira Onozuka inaugure une nouvelle boutique rue Cambon.






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